Nomenclature technique

I – Création :

  • Le Dessin

Les nouvelles lignes sont créées sur une planche à dessin en tenant compte des matériaux que l’on souhaite utiliser, couleurs des pierres et métaux, poids, style et tendance souhaitée. Le dessin sert d’intermédiaire entre l’artisan et le client, il pourra être modifié par ce dernier avant la réalisation définitive. Le dessinateur devra être de préférence un technicien connaissant les différentes opérations que nécessite la fabrication de l’objet, les matériaux avec lesquels il sera fabriqué, la manière d’assembler ces derniers. Il doit concilier la technique avec les lois générales de composition décorative auxquelles toute œuvre d’art est soumise : équilibre et proportion. Il ne devra pas oublier non plus qu’un bijou est fait pour être porté, qu’il est regardé à une certaine distance, qu’il doit par conséquent être lisible, simple, harmonieux dans ses formes comme dans ses
couleurs et s’adapter aux toilettes du moment.

  • La maquette

Les matériaux qui composent un bijou sont si rares, que rien ne doit être laissé au hasard. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de réaliser une maquette en cire à l’échelle, en tenant compte de l’emplacement des pierres afin de se rapprocher le plus possible de la réalité.

II – Opérations mécaniques :

  • Le Laminage

Consiste à réduire une ébauche par son passage entre deux cylindres lisses ou cannelés, tournant en sens inverses.

  • L’Etirage

Consiste à tirer au travers d’une filière une barre de section ronde, carrée ou de forme quelconque, pour obtenir une barre de section plus petite et de même forme. Il se réalise toujours à froid.

  • Le Tréfilage

A pour but de réduire le métal en fils, en partant de fils plus gros : l’ébauche passe au travers de filières successives.

  • L’Emboutissage

Consiste à déformer progressivement une plaque découpée à l’ébauche du bijou ou d’une partie, à l’aide de bouterolle afin de se rapprocher de la forme de la maquette.

  • Le Sciage

Comporte deux opérations :
– Le repercé qui consiste à découper des motifs suivant des contours tracés d’avance ;
– La mise à jour consistant à préparer l’emplacement des pierres en dégageant le plus possible le dessous de façon à ce qu’elles subissent au minimum le contact des parties métalliques qui nuiraient à leur éclat et leur nettoyage. La mise à jour bien faite contribue également à enjoliver le dessous de la pièce.

  • Le limage

Est l’une des opérations les plus importantes que nécessite le montage d’un bijou. Le résultat obtenu dépend non seulement du doigté et du goût de l’ouvrier, mais surtout de la façon dont il tient la lime et la pièce. Le coup de lime doit être lent, très allongé, donné seulement lorsqu’on sent la lime porter bien à plat sur la pièce. La pièce est tenue entre le pouce, l’index, le majeur et contre une excroissance en bois de l’établi dénommée « la cheville ». Les limes utilisées le plus couramment sont : Pilier (plate), Carrelette (plate et large), Pilier étroite ( plate et étroite), Triangulaire, Feuille de sauge (deux faces convexes), Barrette (surface plate, une face dos d’âne), Queue de rat (conique très allongée), etc…

  • L’Estampage

Déplacement d’un volume en imprimant au métal, par frappe statique instantanée à froid ou à chaud, le relief des estampes.

  • Le Martelage

Déformation du métal par frappe à froid d’outils tournant sur le métal.

  • La Préparation du serti

L’association des pierres avec le métal se résout en fonction de chaque cas : forme de taille et caractéristique physique qui imposent des techniques de sertissage spécifiques. Ce travail implique des préparatifs, ils sont de 3 ordres :
– La mise sur cire : le joaillier commence par disposer les pierres sur une plaque de cire lisse ;
– La mise en pierre : c’est le premier ajustage de la pierre sur le métal. Le joaillier dessine sur le plané l’emplacement des pierres et perce à l’aide d’un forêt au centre de chacune d’entre elles. Il donne ensuite une forme conique à l’aide d’une fraise, jusqu’à l’obtention de la dimension recherchée.
– La mise à jour : elle se situe sur la partie cachée du bijou, et consiste à découper à la scie une forme harmonieuse l’envers de la mise en pierre. Cette action a pour but d’apporter meilleure lumière à la pierre une fois sertie, de favoriser par la suite le nettoyage régulier du bijou et enfin d’apporter une finition de haut niveau agréable à observer.

Ce travail est exécuté en biais, et peut représenter diverses formes telles que le carré, l’hexagone (nid d’abeille), le trapèze etc.…

III – Opérations métallurgiques :

  • La Fonte à cire perdue

Reproduction métallique d’un ouvrage obtenu par un procédé de coulée après diverses opérations :
– Réalisation d’un moule en caoutchouc d’après une maquette originale faite à la main ;
– Tirage de cires dans le moule, et autant qu’il faudra de reproductions ;
– Fabrication de l’arbre : qui consiste à fixer un à un les éléments de cire autour d’une tige centrale ;
– Coulée de plâtre réfractaire dans un cylindre – vibration sous vide pour meilleure homogénéité – séchage ;
– Chauffage du cylindre de plâtre dans un four pour fondre la cire et brûler les déchets ;
– Fusion du métal + coulée dans une centrifugeuse
– Extraction de la pièce et finition en atelier

  • Le Frittage

Permet d’obtenir un objet métallique à partir de poudres soit de métal pur, soit d’alliage, soit composées de plusieurs poudres de natures différentes mélangées, qui sont comprimées dans un moule puis frittées, c’est-à- dire chauffées à une température inférieure à leur point de fusion

  • Le Brasage

Liaison de deux pièces par la fusion d’un métal d’apport de nature différente des pièces à assembler. Le point de fusion de la brasure est plus faible que celle du métal à assembler, lequel n’est pas fondu mais porté à température de mouillage.

  • Le Soudage

Opération qui consiste à réunir 2 pièces entre elles par fusion du métal de base ou d’un métal d’apport de même nature. La chaleur apportée peut être par électrode, faisceau laser ou autres.

  • Le Recuit

Afin de pouvoir poursuivre le travail de mise en forme, le métal doit être rendu malléable. Il faut donc le régénérer par un traitement thermique approprié. Il consiste à porter le métal à une température suffisamment élevée, l’y maintenir pendant un certain temps et le refroidir très progressivement.

IV – La gravure

Est un dessin exécuté par incision dans le métal, à l’aide d’un instrument en acier appelé burin. Il existe 3 sortes de burins : l’onglette à joues, l’échoppe plate et la gouge.

  • La Taille Douce

Est une gravure à plat faite de traits nets dont l’espacement, le renflement ou l’atténuation suffisent à donner du mouvement au dessin.

  • Le Ramolayé

Est une sculpture élaborée dans le métal à l’aide de burins. Le graveur trace au préalable les contours à l’onglette et descend ses fonds à l’échoppe plate pour donner du relief à son dessin. A l’aide d’une gouge et d’une échoppe, il donne ensuite du mouvement au dessin. C’est surtout un travail de préparation pour la ciselure qui demande non seulement des prédispositions en dessin, mais aussi en modelage.

  • La Ciselure

Est une technique spécifique du métal fondée sur sa propriété essentielle : la malléabilité. Elle consiste à enfoncer légèrement le métal avec un burin ou « ciselet » en acier, frappé à l’aide d’un marteau ou d’un maillet. Le graveur retire du m étal, alors que le ciseleur vient « l’imprimer ».

V – Finition

  • Le Poli

Lorsque le bijou est terminé, il faut le polir pour éliminer les traces que les différents outils ont laissé et donner au métal tout son éclat. Les techniques ci-après sont valables pour les pièces qui n’ont pas de pierres, mais destinées à en recevoir elles doivent être effectuées avant le sertissage.
– Le ponçage est la première opération de polissage. Il se fait à la main ou au tour à l’aide de pâtes, de toiles abrasives, de rubans recouverts de ponces ou de fils de lin.
– L’avivé a pour but de donner de la vivacité à la pièce en lui donnant son dernier poli. Il se réalise à la main ou sur un tour équipé de disques abrasifs rotatifs, de brosses et de furets. Il existe également la technique du polissage par vibrations : la pièce circule dans un liquide contenant un mélange de billes d’acier et d’abrasifs ; dans un deuxième temps la pièce sera mêlée à des particules de plastique et d’abrasifs et soumise à de fortes vibrations.
Le poli par électrolyse : le courant électrique qui passe dans un liquide où baigne le bijou, dissout chimiquement les aspérités minuscules qui peuvent subsister à sa surface. La pièce est ainsi rendue brillante.

  • Le Serti

Est la technique qui met en valeur les gemmes ; elle passe par un mariage aussi réussi que durable que possible avec le métal. Pour disposer et fixer dans le métal les pierres qu’il manipule avec des brucelles ou de la pâte, le sertisseur commence par fixer le bijou sur lequel il va travailler. Il peut s’aider d’étaux à vis ou à coins, mais généralement recours à une poignée recouverte de ciment de sertisseur : mélange de cire à cacheter, de suif et de poix, qu’il chauffe et qui maintient lorsqu’elle durcit la pièce sans la déformer.

Suivant les circonstances on utilise différents genres de serti dont les principaux sont :
– Le serti à grains : La pierre étant bien ajustée à la même dimension que le trou conique dans l’épaisseur du bijou, on soulève des petits copeaux de métal pour les appuyer sur celle-ci. On forme ensuite une demi boule sur l’extrémité supérieure. Il faut généralement 3 ou 4 grains minimum pour sertir une pierre.
– Le serti à griffes : La pierre va se loger dans un chaton composé de 3, 4, 5,6 ou 8 griffes. Les griffes sont entaillées au niveau du feuilletis de la pierre, pour être ensuite rabattues sur les premières facettes qui entourent la table. La ceinture du chaton maintient la culasse de la pierre sans apparaître elle-même.
– Le serti clos ou rabattu : s’effectue en rabattant sur la pierre enchâssée dans la « douille » le métal qui l’entoure au niveau du feuilletis.
– Le serti massé : consiste à repousser le métal qui entoure la pierre en la martelant avec un ciselet dont la percussion est aujourd’hui automatique.
– Le serti à clous : convient le plus couramment à des pierres rondes ou à pans coupés. Il consiste à souder des grosses griffes sur les plages de métal, qui une fois martelées sur les extrémités supérieures vont sertir en même temps 3 pierres à la fois.
– Le serti invisible ou mystérieux : nécessite des pierres spécialement préparées. Des gorges en forme de V sont taillées sur la culasse des pierres et viennent se glisser sur des rails de métal soudés dans l’épaisseur d’une sertissure. Les pierres ainsi ajustées les unes contre les autres ne laissent pas apparaître le moindre métal hormis celui des extrémités, prévu pour bloquer l’ensemble tel un serti clos.

  • Le Rhodiage

Consiste à déposer une couche de rhodium par électrolyse sur divers objets de métaux variés. Le rhodiage donne une teinte franchement blanche sur les bijoux en or gris ou en argent, et de masquer en même temps la couleur plus ou moins jaunâtre des soudures.
Malgré le prix élevé du rhodium, l’opération n’est pas trop coûteuse puisqu’une couche extrêmement faible est suffisante : 0,05 micron.

VI – Le métal

  • L’Or

Densité 19,3 – fusibilité 1064°
L’or fin est particulièrement malléable et trop déformable pour l’utiliser pur à la fabrication d’un bijou. On l’associe à d’autres métaux pour le durcir, mais aussi pour lui donner la couleur souhaitée.

Or Rouge : 750 parties d’or fin et 250 de cuivre rosette.
Or Rose : 750 parties d’or fin, 190 de cuivre rosette et 60 d’argent fin.
Or Jaune : 750 parties d’or fin, 125 de cuivre rosette et 125 d’argent fin.
Or vert : 750 parties d’or fin et 250 d’argent.
L’Or Gris peut s’obtenir de 2 façons :
– 750 parties d’or fin, 150 de palladium et 100 d’argent fin ;
– 750 parties d’or fin, 120 de nickel, 80 de cuivre et 50 de zinc.
L’Or gris bleu ou l’or bleu contiennent un alliage à base de fer.
L’Or violet s’obtient en ajoutant à l’alliage précédent de l’argent, du cuivre et de l’aluminium.

  • Les unités de mesure :

Les titres doivent être annoncés aujourd’hui, en millièmes et non plus en carats.
L’or fin autrefois 24 carats correspond à 1000/1000èmes du système décimal français.

L’or 18 carats = 750/1000èmes
L’or 14 carats = 585/1000èmes du système
L’or 9 carats = 375/1000èmes

Au sein de notre atelier, nous conservons toutefois l’utilisation de l’or à 750°/1000èmes, qui offre plusieurs avantages. Avant tout nous maîtrisons parfaitement cet alliage fort de 30 années d’expérience à l’établi. Ensuite les alliages aux proportions inférieures en or fin accentuent le risque d’oxydation puisqu’ils contiennent plus d’argent et de cuivre.

  • L’Argent

Densité 10,5 – fusibilité 954°
Egalement trop malléable pour être utilisé pur, l’argent fin est associé au cuivre et au zinc pour augmenter sa résistance. Nous utilisons pour notre part le 925/1000èmes, qui est considéré comme le meilleur titrage au monde.

  • Le Platine

Densité 21,5 – fusibilité 1775°
Un seul titre pour le platine : 950/1000èmes
Il est le métal le plus blanc utilisé par le joaillier, et ne nécessite pas forcément le rhodiage pour le blanchir lors de sa finition.

  • L’essai des métaux

On appelle essai, la vérification du titre des alliages d’Or de Platine ou d’Argent, qui détermine la quantité de fin contenu dans ces alliages.
Les essais s’effectuent par deux méthodes différentes :
– par essai destructif :
qui est pratiqué par un organisme de contrôle agréé et permet d’obtenir une précision parfaite mais par destruction totale de l’objet.
– En revanche l’essai par touchau est pratiqué par votre joaillier, avec une précision de 10/1000èmes. C’est la méthode la plus courante, qui apporte deux avantages : celui d’être pratiqué instantanément et ne pas détériorer le bijou.

La pierre de touche est un morceau de jaspe noir très dur et inattaquable aux acides. On frotte alors l’objet à essayer sur la pierre de manière à laisser une trace d’environ 4mm de largeur sur 3 cm environ de longueur, et d’épaisseur régulière. On mouille cette trace avec une baguette de verre trempée dans l’eau à toucher et on examine l’effet de l’acide. La trace disparaît entièrement et presque subitement si elle ne contient pas de métal précieux, et résiste si le bijou est au titre recherché. La trace disparaît d’autant plus rapidement que l’objet est plus faible en titre.

VII – Les poinçons

Il existe deux sortes de poinçons obligatoires pour marquer les ouvrages en métaux précieux :
– Le poinçon du fabricant ou poinçon de Maître : prend la forme d’un losange à l’intérieur duquel sont gravés les initiales du joaillier ainsi que son emblème.
– Le poinçon de garantie ou poinçon d’Etat : donne la nature du métal
o Or 750°/°° : Tête d’Aigle
o Or 585°/°° : Coquille St Jacques
o Or 375 °/°° : Trèfle
o Argent 925 °/°° : Tête de Minerve
o Platine 950°/°° : Tête de Chien

Nous donnons ces éléments de base à titre indicatif, mais sachez cependant que de nombreux autres poinçons d’Etat existent, notamment dans le domaine de l’importation et des ouvrages d’occasion. Lors de votre achat, vous devez vous assurer systématiquement de la présence de ces deux poinçons légaux.