Catholiques et Protestants

Quelles différences ?

  • L’Eglise :

Pour les catholiques, le croyant ne peut rencontrer Jésus Christ que dans l’Eglise et par son intermédiaire. « Le Christ devient présent par son corps qu’est l’Eglise » (Vatican II).

Pour les protestants, ce n’est pas le fait d’appartenir à l’Eglise qui sauve ; c’est d’appartenir à Jésus Christ. Ils diraient plus volontiers « Hors de Jésus Christ, pas de salut ». Le Christ rencontre d’abord le croyant, et le fait entrer ensuite dans l’Eglise ; il donne l’Eglise au croyant pour l’aider à vivre sa vie chrétienne.
Gounelle André : Le protestantisme – Les grands principes (p.34-35) ; Les Bergers et les Mages, 1994.

  • Le repas du Seigneur :

Pour les catholiques, les paroles de consécration prononcées lors de l’eucharistie provoquent une transformation de la substance même du pain et du vin, qui deviennent corps et sang du Christ ; c’est la « présence réelle ».

Pour les protestants réformés, Jésus Christ est réellement présent au cours de la Sainte Cène, mais sa présence est spirituelle : le Christ est présent par son Esprit.

  • Les Saints :

Beaucoup de catholiques ont l’habitude de s’adresser à Dieu ou à Jésus Christ par l’intermédiaire de saints et de saintes plus ou moins célèbres.

Pour les protestants, il est hors de question de prier des saints ; en effet, compte tenu du principe « L’Ecriture seule », puisque la Bible ne dit pas de prier qui que ce soit d’autre que Dieu ou Jésus Christ, il n’y a pas de lieu de le faire, et les protestants s’abstiennent.
D’autant que l’apôtre Paul dit : « il y a un seul intermédiaire entre Dieu et les hommes : Jésus Christ » (1 Timothée 2/5).

  • La Vierge Marie :

On dit couramment que les protestants ne croient pas à la vierge. C’est à la fois vrai et faux :

Faux, parce qu’ils reconnaissent à Marie la place que les évangiles lui donnent ; par son acceptation et sa confiance, Marie a largement contribué à l’incarnation du fils de Dieu et à la naissance de Jésus ;
Vrai, parce que les protestants n’admettent pas les dogmes que l’Eglise catholique a ajoutés, notamment l’Immaculée Conception (naissance extraordinaire de Marie) et l’Assomption (fin particulière de Marie) Les protestants disent : La Bible n’en parle pas, abstenons-nous !

  • Les sacrements :

Les catholiques ont sept sacrements : baptême, confirmation, eucharistie, mariage, onction des malades, ordination, pénitence.

Les protestants n’en connaissent que deux : baptême et sainte cène. En effet, pour eux, 3 critères font d’un acte cultuel un sacrement :
– que ce geste fasse l’objet d’un commandement explicite du Seigneur ;
– qu’une promesse de grâce lui soit attachée, en particulier le patron des péchés ;
– qu’il s’accompagne de la foi des participants.
Bimelé André & Mottu Henry : « Sacrement », in Encyclopédie du protestantisme (p. 1370-1371)

  • Le purgatoire :

Il s’agit, là encore, d’un sujet dont la Bible ne parle pas, et cette notion ne fait donc pas partie de la théologie protestante.

  • Le Pape :

Chacun sait que les églises issues de la Réforme n’admettent pas l’autorité d’un homme seul, le Pape, sur l’ensemble de l’Eglise.

Dans les églises protestantes, l’autorité n’est généralement pas exercée par un homme seul, mais par des conseils élus par les assemblées locales, régionales ou nationales selon le cas.

Le protestantisme insiste sur l’aspect humain des institutions ecclésiastiques et n’en fait que des moyens pour une meilleure transmission de l’évangile, et pour la manifestation d’une solidarité entre les communautés locales qui sont les cellules de base de l’Eglise.

Pigeaud Olivier : Le protestantisme – Sa spécificité dans l’Eglise universelle (p. 12-13)

Cerf – Labor et Fides, 1995.